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Le dialogue interreligieux

 
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Auteur Message
Calvinius

Administrateur


Inscrit le: 14 Mar 2004
Messages: 376
Localisation: Nîmes

MessagePosté le: Ven Nov 16, 2007 14:40    Sujet du message: Le dialogue interreligieux Répondre en citant

Voici ce que j'ai lu de mieux sur ce sujet épineux...

Le dialogue interreligieux : quelques réflexions synodales et post-synodales.

Le Synode national et général des Eglises Réformées Evangéliques indépendantes de France réuni à Aix-en-Provence les 14, 15 et 16 mars 2003 avait à son ordre du jour la question des célébrations interreligieuses. Cette problématique avait été préalablement abordée dans les différents Synodes régionaux en 2002, et était résumée dans un rapport préparatoire. Pendant le synode, lors d’une rencontre publique, les enjeux de ce thème ont été introduits par une table ronde animée par le pasteur Antoine SCHLUCHTER, au cours de laquelle sont intervenus, dans l’ordre suivant, M. Raphaël LIOGIER et Mme Blandine CHELINI-PONT, professeurs à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence et codirecteurs du DESS de médiation interreligieuse, M. le pasteur Jean-Arnold de CLERMONT, président de la Fédération Protestante de France, et M. Pierre BERTHOUD, professeur d’Ancien Testament et d’Apologétique à la Faculté Libre de Théologie Réformée d’Aix-en-Provence. Les débats proprement synodaux se sont déroulés le lendemain et ont commencé par une mise en perspective du texte proposé au vote en fonction des débats de la veille. Après discussions, un texte a été adopté, demandant qu’il soit complété par un bref exposé des remarques opérées. Ce texte a la teneur suivante :

« Le dialogue inter-religieux doit s'inscrire dans un climat de confiance, de respect mutuel, d'humilité, de recherche de la paix et de refus de la provocation, avec l'ensemble des partenaires. Ainsi, en fidélité à l'Evangile, il est fondamental que nous puissions affirmer ce que nous croyons au sujet de la Sainte Trinité et de la personne divine et humaine de Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous.
Fruit de ce dialogue, la prise de parole en commun est encouragée, notamment lorsqu'à l'instigation des autorités civiles il est demandé à nos Eglises de manifester avec d'autres notre compassion et notre solidarité. En fonction des circonstances, il peut être adéquat de préciser que nos compréhensions des grandes questions fondamentales sont diverses, voire contradictoires. Le Synode estime qu'il est de la compétence des Eglises d'être à l'initiative d'une manifestation inter-religieuse.
Afin d'éviter le sentiment que des croyants de religions différentes s'adressent à un même Dieu, le Synode demande aux Eglises de s'abstenir de participer à une prière ou à un rite cultuel commun.
Enfin, il souhaite rappeler la distinction fondamentale entre l'“ œcuménisme ”, qui est un dialogue entre chrétiens devant le Dieu de la révélation biblique, et où la prière chrétienne adressée à la Sainte Trinité tient toute sa place, et l'“ inter-religieux ”, qui est un dialogue entre êtres humains de religions différentes, et où de ce fait tout amalgame de la prière chrétienne avec les prières d'autres traditions est exclu.
»

Les éléments soulevés lors de la table ronde et repris lors des débats synodaux étaient au nombre de six. Très globalement, la première remarque concernait la perception contradictoire par la société de la démarche de dialogue interreligieux dans laquelle les églises chrétiennes sont partie prenantes. Ont suivi quelques considérations ayant trait au texte proposé au vote du Synode : dans le premier paragraphe, une interrogation sur la portée du respect mutuel et sur l’étendue du champ dogmatique où des affirmations de notre part nous sont apparues comme nécessaires ; et dans le second, un questionnement sur le lieu de la contradiction au sujet de la compréhension des grandes questions fondamentales, et une interrogation ayant trait aux instances compétentes au dialogue. Enfin, la dernière remarque concernait une question de stratégie, liée à l’aptitude au dialogue comme critère de reconnaissance sociale.
Développons brièvement ces quelques éléments. Au regard de la pensée contemporaine, le christianisme est perçu en lui-même comme étant une religion paradoxale, assumant en interne un certain nombre de tensions, voire d’oppositions. Il y a la figure du prêtre contre la figure du prophète, la conception d’un Dieu incarné et la conception d’un Dieu Tout-Autre, etc… Le christianisme engendre la modernité ; or celle-ci tend à affranchir l’homme de tout système religieux. Mais la foi chrétienne résiste à ce processus de désenchantement du monde (1) , soit en rejetant la modernité (néotraditionnalisme) soit en essayant de s’y adapter, et c’est là qu’intervient comme une nécessité parmi d’autres le dialogue interreligieux. Dans cette perspective, le dialogue interreligieux n’est qu’un palier supplémentaire de la contradiction du christianisme. De manière générale, les monothésimes sont à la fois les plus aptes au dialogue et les pire dialogueurs : les plus aptes au dialogue, parce que leurs religions étant révélées, leur vérité se situe hors de l’espace temps et personne ne peut détenir le monopole de son expression, ainsi l’interprétation de cette révélation favorise chez le croyant une attitude de dialogue avec son Dieu et peut laisser une certaine marge de manœuvre dans la compréhension de la vérité ; les pires dialogueurs, car étant responsables du salut des autres sous peine de compromettre leur propre salut, leurs adeptes se doivent de dénoncer les erreurs et de proclamer leur vérité. De manière particulière, le protestantisme est perçu comme étant l’un des pôles de cette contradiction interne du christianisme. Aux yeux des analystes de la société, il y joue un rôle moteur, en contribuant au renversement du processus de légitimation des autorités. Marqués par les combats entre orthodoxes et libéraux au XIXe siècle, les Eglises Réformées Evangéliques se situent en quelque sorte au cœur de cette contradiction interne du christianisme, étant attentives à la fois à l’élément novateur que constitue le protestantisme de manière générale, et à l’élément jugé davantage conservateur par la société, que constitue l’orthodoxie et la fidélité évangélique. Or ces deux éléments sont moteurs chacun à leur manière, et en quelque sorte s’alimentent l’un l’autre de manière contradictoire. C’est là notre faiblesse, car cette contradiction parfois nous crucifie, mais c’est là aussi notre force, car ce crucifiement est porteur d’une réalité où toute chose devient nouvelle.
Marqué sans doute par son histoire où il est devenu réfractaire à toute forme de participation imposée à quelque manifestation religieuse que ce soit, attaché donc à la laïcité, le protestant français, au nom du respect de l’autre, ne contraindra jamais celui-ci à assister à une célébration religieuse à laquelle il ne pourrait adhérer. Ainsi, ce qu’il accorde à l’autre, il le revendique également pour lui-même. Au nom de ce respect mutuel, les célébrations communes doivent être évitées, disait un intervenant de la table ronde. En fonction de la manière dont nous recevons la révélation de Dieu au sujet de lui-même, nous pourrions rajouter également : au nom du respect de Dieu.
Le texte adopté par le Synode essaye ensuite de dire ce qui, dans le contexte du dialogue interreligieux, est fondamental en fidélité à l’Evangile. Si la foi de Nicée, concernant la Trinité, et de Chalcédoine, concernant les deux natures de notre Seigneur Jésus-Christ, sont mentionnées avec à propos, il conviendrait à plus mûre réflexion de ne pas omettre nos affirmations dogmatiques concernant l’humain. Un des intervenants de la table ronde rappelait qu’il y a chez le croyant d’une autre religion la manifestation au moins possible du lieu où Dieu est à l’œuvre. Un autre a souligné que l’homme avait été créé pour être en dialogue avec Dieu et avec son prochain. Entre les rondeurs du dalaï-lama et les aspérités du mollah Omar, il y a de la place pour la foi chrétienne, dit le psychiatre Claude BUCHHOLD (2). La sauvegarde de la création constitue également un thème urgent qu’il est nécessaire d’aborder avec les croyants d’autres religions et avec tous les hommes de bonne volonté (3).
Etant entendu que le contradictoire ne se situait pas forcément entre les différentes religions, mais bien souvent au sein de certaines d’entre elles, nous pouvons trouver en effet, se réclamant du christianisme, certaines rondeurs qui rivalisent avec celles du dalaï-lama, et certaines aspérités qui sont en compétition avec celles du mollah Omar. Les premières ont été dénoncées par le sociologue de la table ronde, quand il fustigeait la théologie de la tolérance qui parfois dit : « Ferme-la parce que je suis tolérant ». Les secondes ont été décrites par l’historienne du droit quand elle résumait la radicalité d’un certain christianisme à la lutte contre l’hérésie, aux croisades, à l’Inquisition, aux guerres de religion et au messianisme politico-religieux. Attentifs à ces diversités internes, il convient en même temps de veiller à ne pas opérer d’alliances qui seraient contre nature, sous prétexte de se préserver ensemble d’un danger commun.
Qui est alors compétent pour le dialogue ? Au sens large, l’humanité toute entière, même après la chute, reste créée dialoguante. Au sens restreint, cette capacité au dialogue appartient au Christ seul, comme l’Evangile nous en rend témoignage en nous relatant nombre de ses rencontres, car Jésus est le seul dialogueur véritable. Entre les deux s’étend tout l’espace qu’il peut y avoir entre le pitoyable et l’excellence. Une des tares qui gît dans cet entre-deux, c’est la tendance à développer une pensée schizoïde, où la conscience du contradictoire est émoussée et où la contradiction n’a plus cet effet dynamique sur la pensée. C’est le cas de beaucoup d’humanistes contemporains, qui veulent justifier l’humanisme sans référence à la transcendance. C’est le cas également de la laïcité à la française, où l’on voit la République, au nom de valeurs qu’elle connaît et souhaite transmettre, s’arroger un pouvoir spirituel en décrétant les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Or ces règles restent dans la pratique peu discutables, ce qui constitue un paradoxe en démocratie. En fait, alors que la laïcité devrait être une incompétence, elle est vécue comme une instance qui donne ou non l’autorisation d’exister ou d’agir, au nom d’une prétendue neutralité. Ainsi, vouloir solliciter la République et lui faire croire de la sorte que son terrain est le meilleur pour la coexistence pacifique des différentes communautés religieuses, c’est en quelque sorte la renforcer dans le pouvoir de type épiscopal qu’elle s’arroge, avec tous les risques schizogènes que cela comporte. Les institutions religieuses ne devraient pas hésiter à compter sur les forces et les faiblesses de leurs propres structures pour proposer des lieux et des temps de dialogue.
Enfin pour terminer, une question de stratégie devrait retenir notre attention. Dans le cadre de la construction européenne, la place des religions en Europe reste également à inventer, notamment sur le plan de la représentativité et sur le plan institutionnel. Sans nul doute que certains chercheront à faire de l’aptitude au dialogue interreligieux un critère parmi d’autres de la reconnaissance sociale de tel groupe religieux, tout comme certains lobbies veillent à ce qu’une stricte parité entre les sexes soit effective ou à ce qu’aucun règlement interne reflète un état d’esprit homophobe. Il est probable que Le grand tournoi des religions (4) s’adresse davantage au politique qu’au religieux, pour l’exhorter à accorder une nouvelle protection constantinienne aux religions qui seraient le mieux apte au dialogue, les autres étant alors reléguées dans les mouvances dites sectaires, avec toutes les persécutions éventuelles que cela pourrait comporter. Ce risque-là, nous devons aider le politique à ne pas le courir. Notre histoire nous place dans une position favorable pour y parvenir.
Si la question posée au Synode était bien et peut-être trop précise, notre travail commun, les apports de l’extérieur, nous ont permis de prendre conscience que les questions relatives au dialogue interreligieux recouvrent un champ très large de problématiques souvent profondes et parfois complexes. Nous ne prétendons pas en avoir fait le tour, mais nous espérons avoir esquissé quelques pistes de réflexion stimulantes.
Pasteur Pierre-Alain JACOT, rapporteur au Synode
Anduze, mai 2003


1. GAUCHET, Marcel, Le désenchantement du monde, Une histoire politique de la religion, Gallimard, Paris, 1985.

2. BUCHHOLD, Claude, « L’humain se construit aux limites », in : Hokhma 80, 2002, p. 55. Phrase prononcée lors d’un colloque sur l’anthropologie tenu à la Communauté des Diaconesses de Reuilly à Versailles en novembre 2001, dans le contexte de l’évolution des mentalités actuelles en ce qui concerne l’investissement de la Loi et des contenants.

3. Suite au rassemblement œcuménique de Bâle en 1989 sur « Justice, paix et sauvegarde de la création », le patriarche de Constantinople a décidé d’instaurer au début du mois de septembre de chaque année une journée pour la sauvegarde de la création. Son successeur a poursuivi et développé cette initiative, invitant tous les chrétiens à être attentifs à cette question. Dans certains lieux, ces journées débouchent sur un dialogue interreligieux fructueux.

4. KESHAVJEE, Shafique, Le roi, le sage et le bouffon. Le grand tournois des religions, Le Seuil, Paris, 1998.
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Augustinus

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MessagePosté le: Dim Aoû 24, 2008 23:34    Sujet du message: Répondre en citant

Oui. Et bien je pense quand à moi que le dialogue interreligieux n'a pas à être autre chose que ce que l'Eglise a toujours connu: de l'apologétique (ex: Justin Martyr//Tryphon).
C'est d'ailleurs ce que vous avez dit avec beaucoup de pertinence dans l'autre topic, et que je tiens pour seul "dialogue" légitime.
Evidemment, il faut veiller à ce que ce dialogue (tout simplement, l'apologétique) se fasse avec douceur et respect (1Pierre 3.15). Mais au delà...
_________________
Chantez à l'Eternel, vous qui l'aimez,
Célébrez par vos louanges Sa Sainteté!
Car sa colère dure un instant,
mais sa grâce toute la vie;
le soir arrivent les pleurs,
et le matin l'allégresse.

Psaume XXX.5-6
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